TERRALHA, Festival Européen des Arts Céramiques
Du 16 au 18 juillet 2021

Autour du 14 juillet, Saint-Quentin-la-Poterie, cité céramique du Sud de la France, accueille TERRALHA, Festival Européen des Arts Céramiques.
Cet événement artistique organisé par l’Office Culturel du village a su s’imposer comme un rendez-vous incontournable de l’art céramique en France et en Europe.

Au détour des ruelles du village, TERRALHA est l’occasion de pousser la porte d’une cour ombragée ou d’un espace voûté à la découverte d’univers céramiques insolites.

TERRALHA, c’est aussi des démonstrations, des rencontres et d’autres expositions…

TERRALHA constitue ainsi un panorama unique et vivant de la création céramique européenne. D’un intérêt certain pour les professionnels en recherche de tendance, il séduira également un public d’amateurs curieux.

20 céramistes / 20 lieux

Ute Beck, DE

Ute Kathrin Beck vit et travaille à Stuttgart. Elle a une formation très classique de potier. Pourtant depuis 2010, elle a abandonné le tour pour un modelage manuel qui lui offre davantage de liberté pour aborder ses pièces uniques.

Elle nomme la série qu’elle nous présente “Lustre & Lueur”. Le modelage des formes rend compte du caractère archaïque de cette pratique. Sa force se manifeste en plis, courbes, indentations et cratères. Les surfaces sont recouvertes d’une glaçure en partie brillante, en partie mate et d’oxydes de fer, de cuivre et de platine. Ces émaux nous questionnent sur la nature de la matière, son ambiguïté céramique ou métallique. C’est intentionnel, de même que l’abondance, la profusion, le jeu de la décadence : une esthétique qui s’apparente aux questionnements de la période baroque.

La céramiste est fascinée par le jeu des citations de formes et d’images, le dialogue entre l’intérieur et l’extérieur. Inspirés par le contenant, ces vases ornementés s’approchent des objets cultuels, en même temps qu’ils affirment leur présence contemporaine. Ils assument ainsi une posture qui inspire et dérange.

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Nolwenn Bruneau, FR

Nolwenn Bruneau vit et travaille en Bretagne. Formée à différentes techniques d’art appliqué, aussi bien par l’école que par ses voyages, cette jeune céramiste a jeté son dévolu sur la porcelaine comme médium de prédilection.

Aguerrie aux techniques exigeantes du moulage, elle s’amuse en toute liberté à construire des formes complexes et intrigantes qui empruntent à plusieurs registres de l’histoire de la représentation, construisant ainsi des chimères post-modernes.

« Ah le pouvoir du moulage ! Tout reproduire, presque à l’infini pour dé­tourner, pour orner….

Entre vaisselle et sculpture, je travaille la porcelaine pour son coté précieux et appétissant. Je m’inspire du rococo, du kitch et des biscuits Autrichiens.

En récupérant puis en moulant toutes sortes de petits objets curieux, nos­talgiques ou fun, j’agrandis mon répertoire de fioritures bientôt transformées en pieds, anses, becs et autres surprises céramiques. »

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Laurence Crespin, FR

Laurence Crespin se dit sculptrice autodidacte, mais dépositaire d’une longue pratique céramique, elle expérimente avec liberté les nombreuses techniques disponibles pour monter l’argile. Elle emploie des grès très chamottés pour leur tenue et pour leur texture, noirs, rouges, roux, blancs ou gris sans oublier la porcelaine toujours présente dans son travail. Elle les choisit selon les effets désirés, car leur couleur influe sur le rendu des émaux. La terre reste toujours présente dans les œuvres terminées.

« Cette vocation tardive l’aura paradoxalement engagée dans un cheminement esthétique sans tergiversations ni errances stylistiques…

Son sens de la spatialité et son goût de l’épure étaient, semble-t-il, déjà qualités de longue date. Elle fait donc le choix de la rigueur formelle, cherchant à rejouer dans une approche minimale certains objets vernaculaires qu’elle affectionne, ou par référence aux matériaux débités par l’industrie, qu’elle transpose avec la terre dans la temporalité patiente de l’artisanat : le bidon, le chaudron, la cerce, le creuset, la poutre, la borne, le lingot, le bloc de mousse, le socle, le disque, un simple empilement ou alignement de dalles… Son univers formel est tout à la fois ouvert et concis, elle en traque toute surcharge expressive.

Pour mieux faire vibrer la lumière sur cette “peau d’émail” qui donne corps à son panthéon formel, elle aime répéter ses volumes, en juxtapositions ou en scansions sérielles, afin de préciser nettement les intervalles entre les masses. »

Frédéric Bodet

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Rémy Dubibe, FR-UK

Rémy Dubibe est un artiste plasticien français installé à Londres.

Passionné par les aspects techniques et la dimension artisanale de la céramique, il privilégie l’usage de l’argile et de la porcelaine pour lesquelles il confesse une sorte d’obsession! Il admire leurs propriétés : solides et fragiles, pures et vivantes.

Ses oeuvres combinent la porcelaine non émaillée et cuite à haute température à d’autres matériaux comme des tiges d’acier ou des cordages faits main.
« Je crée principalement des installations en céramique exprimant sentiments, climats intérieurs et mémoires. Ce sont des histoires visuelles, des « paysages de porcelaine »
translucides en trois dimensions qui sculptent les ombres et lumières de l’espace occupé. Espace et œuvres donnent alors vie ensemble à l’histoire que je souhaite raconter. »

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Julia Gilles, FR

Il y a une forme de modestie dans l’art de Julia Gilles, jeune céramiste récemment sortie de formation à la Maison de la céramique du Pays de Dieulefit, une modestie qui s’accompagne d’une sensibilité à fleur de peau.

Sa recherche s’oriente pour l’heure vers la création de grands contenants, aux formes généreuses et élancées, de tableaux-céramiques abstraits et de pièces utilitaires. La terre – du grès – garde volontairement une tonalité brute mais adoucie par la vibration de la ligne et le travail essentiel de la couleur.

Car les céramiques de Julia Gilles, qu’elles s’expriment dans la rondeur ou dans le plan d’un tableau, sont de véritables peintures abstraites. Traces de façonnage, recherche de textures et d’émaux ne manquent pas d’évoquer la touche du peintre, celle de Vincent Van Gogh par exemple, qui l’a fortement impressionnée. La surface s’anime et de ce mouvement surgit un paysage émotionnel, sobre dans ses choix chromatiques délicatement assortis. Les teintes douces et naturelles, presque fanées par le soleil, se parent d’effets poudrés et mats qui donnent à ses matières une dimension minérale. Un art vivant et dense dans sa simplicité.

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Silvia Granata, IT

« Ants Marching », (La Marche des fourmis) est une série d’œuvres en porcelaine proposée par Sylvia Granata, artiste italienne installée en Emilie-Romagne.

A partir de rouleaux de porcelaine colorée de pigments, des milliers de segments sont découpés et positionnés l’un après l’autre, éléments presque semblables et pourtant toujours différents. Prolifération, répétition, ondes, flux, le regard suit intrigué ces mouvements en apparence très abstraits.

En dépit de cette impression, ce travail a une ambition presque sociologique, il souhaite mettre en lumière les relations de l’individu à la communauté, qu’elle se caractérise par la famille ou la société toute entière. L’objectif est de rendre visible la distance ou l’intimité entre les personnes, l’équilibre, la juxtaposition et la fragilité de chaque ensemble et leur interconnexion.

Les contenants de chacune de ces œuvres sont souvent des objets trouvés, récupérés. Ils contribuent à donner à ces récits une dimension intime et mémorielle.

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Pascale Klingelschmitt, FR

Pascale Klingelschmitt vit et travaille en Alsace. Le projet très singulier qu’elle nous présente
a trouvé son vocabulaire de prédilection : la blanche lisibilité de la porcelaine qui se prête à bien des métamorphoses et la transparence du verre qui cadre, sépare et protège.

« Dans mon travail, je tente de répondre par des matières dures (comme la céramique et le verre) aux questions liées aux structures matérielles des organismes vivants, leur propriété, leur temporalité ou leur état de mutation dans le but de rendre palpable l’invisible. Souvent j’appréhende et confronte les différents acteurs des règnes du vivant dans une relation combinatoire, ce qui m’amène également à traiter notre relation au corps. L’hybridation, la métamorphose ou l’entropie sont appréhendées et convoquent alors intrigue ou dégoût. Pour révéler l’intimité du vivant, à l’interface de la physique et de la biologie, je m’intéresse aux outils d’observation scientifiques des phénomènes physiques tels que la radiographie, le microscope ou encore l’imagerie médicale, jouant ainsi avec les singularités du micro et du macro. »

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Marina Leflon

« Potière depuis une vingtaine d’années j’ai choisi de faire des objets utiles. L’idée de l’usage stimule ma réflexion et autorise la création. Les contraintes techniques qui en découlent encadrent et accompagnent le processus.

Mes porcelaines invitent les lignes et ondulations dessinées par le vent sur le sable, l’eau des rivières et ses rochers… C’est la vibration du vivant, son mouvement continuel qui habite mes créations.

J’ai fait beaucoup de recherches pour créer mes propres émaux. Je cherchais des textures minérales, douces au toucher et plutôt mates, qui mettent en valeur la forme et les reliefs. J’ai sélectionné une dizaine d’émaux parmi des centaines, peut-être milliers d’essais. Dix émaux c’est déjà beaucoup quand il s’agit de faire connaissance et d’apprendre à les utiliser. Ce sont des émaux sensibles à l’épaisseur, à l’enfournement, à quelques degrés de plus ou de moins. En fabriquant mes émaux qui sont la couleur, la « peau de mes pots » je crée mon propre langage. Leur texture soyeuse ou mate vient révéler les formes et souligner les reliefs. Ainsi les objets, pour moi, ont un caractère. »

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Virgile Loyer, FR

« Les pièces que je présente sont inspirées d’un livre, celui du poète René Daumal: Le Mont Analogue, roman d’aventures alpines, non euclidiennes et symboliquement authentiques.

Ce roman inachevé, écrit pendant la 2ème grande guerre, est le point de départ, en 2019, d’une expédition de secours dans la même direction : une aventure humaine à laquelle je participe avec d’autres compagnons, artistes, alpinistes, scientifiques, cinéastes et poètes, apiculteurs, navigateurs et autres crypto zoologues.

Ces pièces sont donc autant de bornes analogiques qui jalonnent les voies d’eau, les sentiers de terre, puis de pierre que j’ai empruntées. Elles composent ensemble une topographie minérale et symbolique répertoriées soigneusement dans le carnet de bord de l’expédition.

Récit d’un voyage en terre intérieure, à la frontière entre politique et imaginaire, céramique et cinéma, sculpture et carte. Il s’agit là de mes premières Fictions. »

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Nitsa Meletopoulos, FR

L’originalité de Nitsa Meletopoulos tient peut-être au parcours de cette jeune artiste. En résidence à Leipzig en 2013 après des études universitaires d’arts plastiques et un diplôme de l’Ecole supérieure d’art d’Avignon, elle y découvre la terre et se prend de passion pour ce matériau dont elle approfondira tous les potentiels par une formation à la Maison de la céramique de Dieulefit.

Le travail de Nitsa témoigne d’une créativité foisonnante, dans laquelle une liberté de ton rencontre des compétences techniques qui élargissent le champ des possibles. Si les formes empruntent volontiers au répertoire céramique, mêlant vases de cheminée et d’apparat aux chandeliers, théières et autres tasses à anse issus d’une longue tradition
d’usage, elles peuvent glisser de façon imperceptible vers des formes abstraites. Son style reste cependant identifiable dans cette variété de recherches, marqué par l’association de la porcelaine à différents matériaux (verre, résine, asphalte…), la présence ludique de couleurs vitaminées (référence revendiquée aux décors de carton-pâte des fêtes foraines et au cinéma), et par son penchant pour la composition et l’assemblage. Des pièces dont la construction complexe et subtile est rendue possible par la maîtrise de techniques variées, allant du tournage au modelage en passant par la création en 3D, et par le goût de l’expérimentation

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Meng Jiao, CN-FR

Jiao Meng a étudié les arts plastiques en Chine avant de quitter son pays natal pour la France où elle a poursuivi ses études à l’ENSA Limoges, spécialité céramique, de 2016 à 2019.

Son univers artistique est empreint des récits de son enfance, mythologies qui ont forgé sa personnalité. Ce monde intérieur s’exprime à travers des éléments sculpturaux, fragments qui dialoguent ensemble. L’installation est donc fondamentale pour elle, invitant le visiteur à établir des rapports significatifs entre les pièces et restituer ainsi le fil d’une histoire.

Du monde de l’enfance, des figures animales énigmatiques – souris, hibou, toucan… – émergent, oniriques et parfois inquiétantes dans le même temps. La terre (grès ou faïence), modelée tout en douceur, s’habille de traits d’oxydes évoquant pelage ou plumage mais témoignant aussi de la place du dessin dans le travail de Jiao Meng. Celle-ci est particulièrement éloquente dans ses tableaux réalisés à partir de plaques de cuisson : les traces d’émail issues de cuissons successives, vestiges de moments heureux ou de déceptions, l’inspirent et deviennent support à un travail de dessin.

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Clément Petibon, FR

Avec sa série “Héritage(s)”, Clément Petibon nous livre une réflexion sur les limites de notre société contemporaine.

Ses grands contenants, héritages de siècles et de siècles d’usage quotidien, rejettent leur fonctionnalité. La paroi, affinée à l’extrême par endroit, se présente comme un témoignage archéologique, un objet qui aurait survécu avec peine à des années d’enfouissement.

La surface accidentée, née du mélange de terres opéré par le céramiste et par les multiples accidents auxquels il expose ses pots, livre une stratigraphie aux dimensions géologiques. Béant par endroit, déchiqueté, évidemment inutilisable : “l’artefact devient obsolète dès sa création” et symbolise le délitement de nos sociétés mais aussi la nécessité de se réinventer.

De fait, Clément Petibon souhaite oublier toute la tradition du métier, rejeter son apprentissage technique. Désapprendre, user de la violence comme outil de création, laisser la terre le guider et la pousser dans ses retranchements : “Ce qu’on m’a inculqué, je le détruis pour le reconstruire, pour faire émerger l’être que je suis dans ce monde qui m’appartient”. Son travail rejette toute beauté formelle mais il en émane pourtant, par son goût pour la matière céramique et ses jeux chromatiques, un immanquable charme.

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Maria Pol, CH

Maria Pol est une céramiste plasticienne Suisse-Italienne.

Après une expérience de conservatrice-restauratrice d’objets ethnographiques, elle se consacre à la céramique à partir de 2015.

Dans le travail qu’elle nous propose, elle explore les effets alarmants de la surproduction et de ses conséquences dans l’accumulation de déchets. Si une prise de conscience croissante concernant les dangers de la production de masse de développe, le système économique mondial, ainsi que les individus sont devenus prisonniers de cette logique. La consommation d’objets est devenue une des pratiques inhérentes de notre quotidien.

Avec ce nouveau projet, Maria Pol, a imaginé la combinaison de différentes formes céramiques construites à partir d’estampage de bouteilles et autres contenants jetables en plastique. Les sculptures ainsi construites évoquent des objets rituels, sorte de totems de notre temps, témoins de magnifiés de nos usages sociaux.

La posture dressée, aussi bien que la matière de ces pièces en grès émaillé dense, simple et sobre accentuent le caractère iconique de ces sculptures.

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Thibaut Renoulet, FR

Des personnages nous font face, trapus, campés. Ils assument leur étrangeté, leur différence : excroissances, ablations, hybridations. Ils sont équivoques, ils pourraient nous inquiéter, comme ces êtres issus d’une dystopie;
Mais la franchise de leur regard invite à une confiance partagée.

Thibaut Renoulet est un jeune céramiste que certains ont pu découvrir ici, à l’été 2020, lors de la manifestation « Nouvelle vague de la Jeune Céramique ». Il poursuit et élargit sa galerie de portraits et nous invite à de nouvelles rencontres. On retrouve des matières brutes, des couleurs un peu terreuses, des émaux posés à la manière d’un peintre, par touches et qui recouvrent ponctuellement une argile râpeuse qui ne se dissimule pas.

Toujours solides et campés, ces nouveaux venus semblent plus insouciants. La palette des émaux s’est faite plus généreuse et elle adoucit la rugosité des caractères. Le dessin expressionniste s’est fondu dans la matière et fait corps avec la sculpture. Ils étaient inquiets, réservés, ils sont à présent attentifs, concernés et toujours sincères.

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Jeanne Rimbert, FR

« La sculpture, une manière de fossiliser un instant imaginaire au sein d’une réalité physique. Les espaces intérieurs et les paysages extérieurs que je traverse sont, au hasard des découvertes, les déclencheurs de mon travail d’installation. Je déstructure et restructure des visions composites, des fragments, modelant ainsi de nouveaux univers, qui oscillent entre le souvenir de ce qui a été et l’espoir de ce qui sera.

Cette série « Nymphéas » c’est aussi la question du lien perdu entre l’homme et la nature. Les impressionnistes, Monet, l’ère industrielle, la civilisation urbaine, Disney. Là, maintenant, tout, tout de suite. C’est pop, c’est fluo, c’est rigolo. Dynamique, joyeux, rose vert bleu. Jolies couleurs magiques et effervescence graphique. C’est comme le dessin de Mickey qu’on avait au fond de notre assiette en plastique. Depuis on en a mis des couches de laque pour briller en surface. L’arbre n’a plus de feuille, l’oiseau est collé dans sa flaque, le lapin n’a pas l’air bien. Remettons des paillettes et de la poudre de perlimpinpin. L’humanité est devenue assez étrangère à elle-même pour réussir à vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de premier ordre. »

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Rob Roy, FR

« L’utilisation d’un four à bois anagama est pour moi l’illustration d’une céramique se réclamant d’un Art majeur vivant et actif. Il met à ma disposition un cadre de cuisson sur lequel j’agis, qui permet toutes les palettes d’expressions céramiques, outrepassant la seule température nécessaire à sa solidité ou à l’obtention d’une fusion d’émail.

Il y a dans ce choix de cuisson une démarche qui s’inscrit dans une intention de performance (au sens artistique), car chacune d’elle est le fruit d’un processus unique, plus ou moins contrôlé ou expérimental, partagé ou solitaire, toujours vécu.

Aujourd’hui, j’aime présenter des pièces qui interrogent les notions fondamentales de la sculpture, qui gravitent autour des questions d’architecture, mais aussi qui prolongent l’héritage de l’art conceptuel sans sacrifier au travail de la matière.

Mes pièces doivent pouvoir se tourner dans tous les sens, au sens propre comme au sens figuré. »

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Morgane Salmon, FR

Morgane Salmon vit et travaille à Strasbourg. Son attirance pour la céramique a eu lieu dès l’enfance et elle est restée fidèle depuis lors à la technique de la faïence vernissée.

Après 20 années de pratique, elle a conservé la même liberté qu’à ses débuts jouant sur une gamme de couleurs éclatantes pour habiller un modelage exubérant inspiré par la nature. Mais quelle nature ! Une joyeuse éclosion de fleurs proliférantes bien éloignées du naturalisme. C’est comme si une loupe très grossissante scrutait les détails d’un jardin exotique, comme si la nature se déguisait sous nos yeux ébahis en ruban scintillants, guirlandes de fête, gâteaux glacés au sucre et bonbons acidulés.

« Comme dans la nature, le vide n’existe pas dans mon travail. Je couvre entièrement mes dessins et mes céramiques de motifs colorés. Comme dans la nature, la ligne droite n’existe pas. La spirale est mon point de départ. La perfection n’existe pas non plus, mes couleurs coulent, mes pièces penchent, je me dis que… c’est comme ça. Chaque pot improbable de forme, de taille et de décor uniques prend vie lorsqu’il abrite et chérit une plante ou un bouquet choisi. »

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Chloé Synajko, FR

L’énergie qui s’inscrit dans les vagues de ce “Couloir de la mer” transcrit la nécessité qui présida à sa création. Le propos politique, réponse à l’actualité médiatique et à la situation catastrophique des migrants cherchant refuge dans nos pays européens, traduit l’engagement de Chloé Synajko face aux maux de la société contemporaine. Différentes techniques nourrissent le propos pour traduire les émotions qui nous assaillent mais aussi les réalités sociales et les tensions qui en découlent.

 

La mer, perçue comme un espace de danger extrême pour les migrants, est tumultueuse et agressive. La jeune céramiste use volontiers d’un style expressionniste dans lequel tout le corps est engagé, soutenu par la saturation des émaux bleus. De l’autre côté de l’installation, des assiettes – bleues elles aussi – évoquent notre quotidien tourmenté par le surgissement de l’actualité dans nos vies, lorsque les nouvelles dramatiques du journal télévisé s’invitent au coeur du dîner. Une tension s’installe entre le classicisme de cette forme élémentaire de la céramique, l’assiette tournée, et la turbulence du décor bleu qui déborde de ce cadre.

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Didier Baude, FR

Didier Baude a installé son atelier de céramiste à Saint-Laurent-la-Vernède en 2011, pour travailler le grès, en autodidacte, et suivre une démarche artisanale qui inclue tous les aspects du métier, construction d’un tour, de fours, élaboration des émaux et apprentissage patient du tournage.

Ses pièces sont façonnées sur le tour à pied puis souvent déformées. Le four à gaz lui permet de biscuiter les pièces à 980°C tandis que la principale cuisson, au bois, est conduite dans un noborigama à deux chambres, construit avec des amis potiers en 2010 et agrandi en 2018.

Sa formation de chimiste l’a aidé pour le calcul des émaux de type shino (émail feldspathique pauvre en calcium), nuka (émail feldspathique riche en cendres de bois) ou Hagi (émail feldspathique riche en cendres de paille), à partir des matières premières, sous l’influence de certaines poteries japonaises dont il admire la beauté.

Une cuisson longue (4 jours 3 nuits) lui permet d’obtenir soit des effets de flammes et de cendres sur des pièces de grès brut dans la chambre principale du four, soit des effets caractéristiques des émaux cités, dans la seconde chambre qui est plus protégée des cendres.

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Catherine Wilkening, FR

Depuis une dizaine d’années, Catherine Wilkening accepte de montrer au public les oeuvres créées dans le secret de son atelier, des sculptures qui témoignent de démons intérieurs qu’elle semble chercher à expurger. C’est dans la porcelaine émaillée – qu’elle soit blanche ou teintée de noir – qu’elle s’exprime aujourd’hui, une quête empreinte de religiosité et de mysticisme, nourrie par une réflexion sur la condition humaine, un engagement pour la cause féminine et un travail récurrent sur le thème du corps.

 

Ses sculptures, imposantes, appellent un va-et-vient entre le lointain et le proche, entre le général et le particulier. Ses imposantes croix, couronnes mortuaires ou immenses oiseaux prédateurs relèvent de l’influence de l’art religieux, gothique par la finesse des détails, baroque par le mouvement et l’énergie qui s’en dégagent. Crânes, mains tendues, jambes coupées, roses… ces multiples et minuscules éléments se mêlent dans une mise en scène en relief d’un grand raffinement. Ils composent une vision macabre et stimulante dans le même temps, entre douleur, colère et angoisse de la mort.

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Infos pratiques

Office Culturel
15, rue du Docteur Blanchard
30700 Saint-Quentin-la-Poterie
04 66 22 74 38
contact@officeculturel.com

Dates et horaires du festival :
Du 11 au 14 juillet 2020 de 10h à 20h

Lieu : Dans le village
Manifestation gratuite et Parking gratuit
Plan et programme disponible au Bureau Info Tourisme de Saint-Quentin, dans les lieux d’expositions et dans le village

Coin détente et gourmand, place de la liberté

Les partenaires Institutionnels

Les partenaires médias

Les partenaires Privés