Pascal MARC

Interview-portrait

« Nos artisans d’art ont du talent »

A quinze ans, tu rêvais déjà de faire ce métier?

Pas du tout…à quinze ans, je rêvais de ma première mobylette, des balades avec les copains et des copines…
Mais je me souviens qu’à l’école primaire, à la question:
-« Qu’est-ce que tu voudras faire quand tu seras plus grand ? ».
Je répondais:
« Archéologue !! ».
Les secrets de la Terre me fascinait déjà…mais sous une autre forme…
C’est bien plus tard que mon lien avec la poterie se révélera.
C’est à travers la passion du Bonsaï, que je fais mes premiers pas dans la céramique.
Je me forme au CFA des Arts céramique à St Quentin la poterie, puis pendant 5 ans je crée une gamme de pots à Bonsaï.
A travers cet art, je découvre la poterie japonaise et un goût pour une certaine esthétique lié au Wabi-Sabi…
Inévitablement, la voie du thé, l’arrangement floral Ikebana et plus largement la vaisselle Kaiseki utilisée au Japon et en Asie en général ne me laisse pas indifférent.
Une belle rencontre aux hasards de la vie se réalisera pour mon rève de pouvoir cuire au bois dans un four de type Anagama/Noborigama.
C’est ce type de production que je présente dans ma boutique « Au grès d’Aimé » à St Quentin la Poterie.

Ce qui te plaît dans ton métier?


L’aspect empirique de l’apprentissage, avancer à petits pas grâce à l’expérience.
La possible constance de l’évolution, savoir que cette pratique va remplir mes jours jusqu’à la fin de ma vie, me réjouit.
La créativité sans limite, si ce n’est que celles que l’on se fixe…
Et l’aventure humaine que représente une cuisson bois…

La première chose que tu fais en arrivant à l’atelier?


C’est jamais pareil, il n’y a pas de routine…
Une fois, je vais regarder mon travail de la veille et peut être le reprendre ou le continuer, si il y a des choses à faire dessus.
Une autre fois, si il n’y a rien de précis, je me dis « Qu’est-ce que tu as envie de faire, aujourd’hui ? »…et là, c’est parti !!!
Sinon, en tout cas bien souvent, je me fais un thé et je mets de la musique…ça c’est le début d’une bonne journée.

Ta qualité qui te sert le plus souvent?
La passion, je crois, qui me procure l’envie et la curiosité…Mais également la rigueur, avec un soupçon de dérision.

L’objet qui représente ton métier?
Mon Four à Bois et le Feu.
Sans eux, mes pièces ne seraient pas ce qu’elles sont.

Ta plus grosse galère?

Quelle est ta plus belle expérience?


Je ne pourrais n’en citer qu’une, mais en tout cas il y a deux choses qui comptent et me touchent énormément.
La première, c’est le jour de l’ouverture de mon four.
Après deux semaines d’attente de refroidissement, une semaine de cuisson, quelques jours d’enfournement des pièces, tout le temps pour préparer le bois et les six mois de fabrication de ce qui va aller dedans.
Ce jour là, t’es comme un enfant le matin de Noël, devant ses cadeaux.
Et la deuxième, c’est toutes les personnes que j’ai pu rencontrer et tous les moments que j’ai pu passer avec elles, pour avoir ce cadeau merveilleux…

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