Isabelle Roger et Pierre Bernier

Interview-Portrait artisans d’art – Isabelle Roger et Pierre Bernier

« Nos artisans d’art ont du talent »

« De nos ateliers résonnent les claquements de terre, pétrie en rythme dans les mains des potiers. Les gestes ancestraux sont précis. Mille fois répétés. La magie s’opère à l’infini. Assis sur son tour, sous la pression des mains, de la rotation du tour, l’argile glisse, monte et se transforme en un pot comme par magie sous nos regards toujours étonnés.  » Isabelle Roger et Pierre Bernier

A 15 ans vous rêvez déjà de faire ce métier ?

Isabelle a toujours voulu être potière depuis toute petite et a toujours son premier tour collector.

Pierre ne savait toujours pas à 19 ans et puis s’est lancé dans la vente de poterie de l’atelier  de poteries berrichonnes ceci de 1981 à 1987 et puis se fut notre rencontre  au Cnifop (centre d’apprentissage de Puisaye) et l’installation dans la Sarthe jusqu’en 2002 (Installation à St Quentin).

L’achat de la maison (en ruine) à St Quentin en 1995 a finalement décidé de la suite et de la création de notre atelier.

Ce qui vous plaît dans ce métier ? 

La grande richesse de rencontre.

La première chose que vous faites en arrivant dans ton atelier ? 

Pendant très longtemps, en arrivant à l’atelier,  la première chose a été de réactiver le poêle à bois. Maintenant c’est plus confort et selon, on prépare la terre, on prépare un biscuit (première cuisson), ou on émaille pour la cuisson à 1280°. 

Votre plus grosse galère ?

Les grosses galères?  On peut en écrire un livre… Dans la vente, le travail à l’atelier…

Les orages pendant les expos et donc la casse de pièces, les pannes de véhicules, les accidents et la chance d’être encore là malgré tout, les trajets la nuit… mais une vie pleine et sans regret.

Un milieu potiers sympa à 99,9 %, dans lequel on ne s’ ennuie pas. Les matériaux, terre et émail, de plus en plus mauvais…..

Les accidents de cuisson….

Le manque de respect du travail….

La qualité qui vous sert le plus souvent ? 

La qualité première est très certainement la constance.

L’objet qui représente votre métier ?

Pour nous potiers de grès, et d’objets utiles et culinaires, notre première pensée via les pièces à réalisées est « des bols et des pichets ».

Après autour de ses pièces, nous fouillons, et guidés par les commandes des clients nous organisons notre travail autour des arts de la table.

Notre travail doit trouver ce juste équilibre de ce qui nous fait plaisir mais doit aussi trouver acquéreur.

Les possibilités sont illimitées et sans cesse renouvelées, les usages évoluant dans les pas des us et coutumes.

Quelle est votre plus belle expérience ?

Un souvenir encore vivant d’une pièce que nous avons réalisée en l’an 2000 est une paire de mitre avec mitron dont le couvercle était détachable (pour le ramonage).

Cette pièce prévue pour un insert, cheminée à foyer fermé, dont le diamètre de sortie intérieur faisait 28 centimètres, pièce alors introuvable chez un marchand de matériaux. 

Nous avons réalisé cette mitre en grés chamotté, la pièce finie fait 160 centimètres de hauteur et 70 centimètres de diamètre à la base.

Pour l’esthétique et l’équilibre visuel de la maison une deuxième mitre plus petite était adjointe sur la même cheminée.

Celle-ci, séchée, rentrait tout juste dans le four une fois les plaques de sol démontées. Nous n’avions pas été trop de 3 personnes pour l’enfournement… Notre plus proche voisin potier étant venu nous aider, son atelier était à 20 km… La couleur choisie par le client, gris bleuté, était un rappel pour sa toiture en ardoise.

Ce travail accompli sans problème majeur avait ravi l’acquéreur de la pièce, à noter qu’aucun potier du département (Sarthe, ou nous étions alors installés) n’avait osé affronter ce challenge…

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