Denis Grazon

Interview-Portrait artisans d’art – Denis Grazon

« Nos artisans d’art ont du talent »

Denis Grazon vous propose à l’atelier « l’Age de Faire » ses créations céramiques en grès et Raku. Entre sculptures poétiques ou ludiques et objets « futilitaires », la tendance est plutôt contemporaine.

A 15 ans tu rêvais déjà de faire ce métier ?

Non, pas du tout. A 15 ans, je pensais surtout à mes études et aux filles et j’usais mes semelles dans les bals “folk” le samedi soir.
J’étais néanmoins depuis toujours très bricoleur et très créatif. Je me suis d’ailleurs orienté vers un bac technique et bien qu’élève du seul lycée de France avec une section céramique (Vierzon), je n’étais pas encore atteint par le virus et insensible à ce matériaux.
Ce n’est qu’un peu plus de 20 ans plus tard, lors d’une visite dans une boutique d’artisanat où je venais de voir de la céramique comme si je n’en avais jamais vu auparavant et sujet à un total coup de foudre, que je déclarai à ma compagne, assez sûr de moi alors que rien ne m’y faisait songer la veille encore : “je sais ce que je vais faire quand je serai grand : je serai potier.”
Un an et demie plus tard, lâchant la publicité et Paris, mon fils de 3 mois sous le bras, je devenais potier à Saint Quentin . . . la Poterie.

Ce qui te plaît dans ton métier ?

Ce qui me plait dans mon métier c’est sa diversité et son intensité, les phases de création intenses, le contact avec stagiaires et clients et la phase de réflexion sur des sculptures, crayon à la main, qui peut parfois être très longue mais très jouissive. C’est le moment où je rêve le plus. Je remplis des pages et des pages de tout petits croquis annotés.

La fabrication est un autre moment tout aussi riche et agréable mais plus difficile car il s’agit de confronter le rêve et la réalité de la matière. Mais c’est là que tout se fait, c’est la finalité et c’est très intense aussi, peuplé de projections et de bonnes ou mauvaises surprises.

Quand aux stages, ils ses suivent et ne se ressemblent pas mais j’ai toujours autant de plaisir à transmettre et à voir des gens progresser et s’étonner de ce qu’ils font.

La première chose que tu fais en arrivant à l’atelier ?

Je suis céramiste mais également formateur. Une semaine sur trois environs j’anime des stages.

Donc la première chose que je fais le matin en arrivant à l’atelier, c’est de demander à mes stagiaires s’ils ont bien dormi !

Quand je ne suis pas en stage, je passe aussi beaucoup de temps sur mon ordinateur pour gérer le recrutement, la communication, la gestion de mon atelier. Là c’est donc mes messages que je regarde en premier.

Et quand enfin je suis à l’atelier pour créer, ce n’est généralement pas le matin, mais plutôt le soir et jusque très tard dans la nuit. . . .

Ta plus grosse galère ?

Ma plus grosse galère ça a été sans conteste un incendie pendant un stage qui a détruit mes deux salles d’expo, mon atelier et ma cuisine. Cinq mois de remise en état sans pouvoir rien faire d’autre.

Les qualités qui te semblent les plus utiles ?

Les qualités qui me servent le plus souvent sont sans doute mon organisation en général, ma pédagogie pour les formations, ma curiosité pour ma création et ma capacité de travail pour tout ça. Je suis à la fois céramiste, formateur et communicant et ça demande d’avoir plus d’une corde à son arc.

Un objet qui te sert tous les jours?

L’objet qui représente mon métier c’est un vieux pantalon avec de grandes poches et des traces de terres de diverses couleurs.

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